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CONCERT. À 25 ans, Congyu Wang compte parmi les pianistes de renommée internationale. Originaire de Singapour, installé depuis peu à La Réunion, il a dû enjamber plusieurs embûches avant de trouver le succès. Rencontre.

Enfant, Congyu Wang nourrit le rêve de devenir pilote pour voyager. Aujourd'hui, c'est sa musique qui lui permet d'aller de pays en pays. Pianiste de renommée internationale, il s'est produit en Angleterre, en Chine, en Italie, en France ! "Ailleurs aussi, mais j'ai oublié", sourit-il. Tout commence à Singa-pour, d'où le musicien est originaire. Congyu Wang n'a que 3 ans quand il commence à apprendre le piano. "Cela ne m'intéressait pas beaucoup, parce que je croyais que c'était un instrument pour les filles", s'amuse-t-il. La passion vient en grandissant. A l'école, il compte parmi les musiciens missionnés pour lors des célébrations religieuses. "J'étais motivé. En classe, je ne travaillais pas bien. Je trouvais ça trop facile et je ne voyais pas l'intérêt d'apprendre toutes ces matières. Je savais qu'elles ne me serviraient pas. Les maths, c'est important, mais ce n'est pas essentiel quand on veut devenir pianiste professionnel", confie-t-il en rigolant. Le déclic, dit-il, vient quand il entend Yevgeny Sudbin, pianiste russe. "J'ai décidé de faire carrière". Congyu Wang décroche une bourse pour intégrer l'Ecole normale de musique de Paris. Contre l'avis de ses parents et sans parler un mot de français, il s'envole pour la France.

A ses yeux, la métropole est synonyme de liberté. "La France, c'est Debussy, Ravel, la douceur de la langue. Et on mange bien aussi!". Et Congyu Wang de reprendre plus sérieusement : "C'était l'option la plus rapide pour partir de Singapour. La moins chère également. J'étais heureux mais en même temps, ce n'était pas évident". A son arrivée, le musicien ne connaît personne, n'a pas de logement. Sa bourse lui permet juste de payer sa formation. Il dort sur le canapé de personnes, rencontrées à l'école. "Je changeais toutes les semaines. A force, je connaissais Paris presque par coeur!".

Pour gagner de l'argent, Congyu Wang joue dans les restaurants et les bars. Du jazz, essentiellement, qui n'est pas le style de prédilection de cet adepte de classique, mais puisqu'il lui faut trouver des sous !D'ailleurs, le pianiste apprend sur le tas : le jazz, il n'y connaissait rien.

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Sa situation évolue quand il rencontre un pasteur, lui aussi Singapourien. L'hom-me d'église le convie à participer à un culte. Grâce à lui, Congyu Wang croise la route de gens qui parlent sa langue, et l'accueillent pendant trois ans. "Je me suis converti. A partir du moment où j'ai été baptisé, tout a changé pour moi", se souvient-il. Le pianiste enchaîne les concerts, remporte des concours, connaît le succès. Il rencontre même celle qui va devenir sa femme, une Réunionnaise qui fréquente la même église que lui. "Ma carrière a vraiment été lancée à cette époque-là. Certains n'y verront que des coïncidences, pour ma part, je pense que ce n'est pas un hasard". Dès lors, il participe à des festivals, donne des concerts partout dans le monde, se produit dans de grandes salles, devant des personnalités connues ! Partout, son talent séduit l'auditoire. Installé depuis peu à La Réunion, entre deux concerts, il enseigne le piano à ses élèves, à Virtuose, l'école de musique qu'il a fondé il y a un an à Saint-Denis. "J'aime garder un esprit ouvert. Certains cherchent à reproduire mécaniquement ce qu'ils lisent sur la partition, sans laisser de la place à une interprétation plus personnelle. J'estime qu'elle doit nous servir de guide afin de voir le tableau en plus grand, même si les détails ont leur importance", avance le professeur. Il projette d'organiser à un festival à Singapour, qui réunit des pianistes professionnels internationaux pour des concerts mais aussi des masterclass. Un autre du même acabit est prévu sur l'île fin 2018. "J'ai invité un musicien qui ne donne que quatre masterclass par an, ce qui attire plusieurs personnes, qui veulent à tout prix le rencontrer".

En attendant cet événement, c'est à la Cité des arts que Congyu Wang attend le public. Il s'y produit le 11 novembre à 19 heures. Au menu, du Chopin, du Gerswhin, du Debussy et du Ravel. Tout un programme!

¢ ¢ Congyu Wang à la Cité des arts, le 11 novembre à 19h. Infos et réservation sur www.citedesarts.re

 

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